Les Bucks et la fin de la misère |
| JetSet NBA |
| Écrit par Jet7basket |
| Samedi, 13 Mars 2010 10:53 |
Si vous cherchez une équipe cendrillon dans l’Est cette année pour les séries éliminatoires, je vous conseil fortement de jetez un coup d’œil du coté des Bucks de Milwaukee qui, depuis la pause du match des étoiles, redonnent de la pertinence au vert et bourgogne qui a fait la pluie et le beau temps dans les années 70. Depuis le retour des étoiles, les Bucks sont 11-2 et se sont glissés au cinquième rang dans l’Est, 6 matchs derrière les Hawks d’Atlanta. Il y a toujours un fossé entre les quatre équipes dominantes de l’est et le reste de l'association mais les Bucks, depuis la transaction pour acquérir John Salmons, ont devancé le groupe qui bataillait pour une place en série et sont désormais presque assuré de faire partie de la grande danse printanière. Ils sont présentement dans une séquence de cinq victoires consécutives, les trois dernières étant contre Cleveland, Boston et Utah lorsqu’ils étaient de passage au Bradley Center de Milwaukee. Qu’est-ce qui explique ce succès inattendu des Bucks? Disons que c’est un amalgame de circonstances sur lequel on va se pencher un peu plus. Tout d’abord, la sélection de Brandon Jennings au dixième rang du dernier repêchage. Pour plusieurs experts, la sélection de Jennings était un pari à moyen risque vu ses performances ordinaires lors de son année en Europe. Pour les Bucks, Jennings était la carte cachée du repêchage et sélectionné au dixième rang, sa contribution immédiate et son leadership sont clairement les éléments déclencheurs de cette renaissance des Bucks. À sa première saison dans la ligue, Jennings s’est emparé du poste de partant à la pointe et moyenne 16 points par matchs accompagné de 6 passes, des chiffres très intéressant pour une recrue qui évolue à l’une des positions les plus complexes à maitriser au basket-ball. Le jeune Jennings a longtemps été dans la conversation pour le titre de recrue de l’année et sa performance de 55 points en un match plus tôt cette saison a clairement tournée les projecteurs vers les Bucks. Avec la saison qui tire à sa fin, Jennings prend confiance en ses moyens et Scott Skiles lui offre de plus en plus d’occasions de briller et de contrôler le déroulement du match avec le ballon entre ses mains. Ses prises de décisions sont encore chancelantes à l’occasion mais le résultat, au final, est très bénéfique à l’ensemble des Bucks. Ensuite, les Bucks ont vu leur joueur étoile Michael Redd tomber au combat tôt dans la saison. Redd n’a pratiquement pas joué cette année lui qui s’est sévèrement amoché les genoux pour une deuxième fois en deux ans. Avec Redd sur la touche, Skiles et les Bucks n’ont pas eu le choix de revoir leurs stratégies fondamentales et c’est essentiellement grâce à la chute de Redd que Jennings a pu prendre les commandes de l’équipe aussi rapidement. Au début de la saison, les Bucks étaient l’équipe de Micheal Redd, ça ne laissait aucune place à l’interprétation. L’an prochain, Milwaukee sera un peu devant le même genre de dilemme que les Rockets cette saison. Redd sera de retour avec un imposant salaire et voudra clairement reprendre son rôle au sein de la formation. Mais où? La cohésion actuellement est presque parfaite et pour faire de la place à Redd il faudrait diminuer les minutes de Salmons et Delfino qui jouent de l’excellent basket-ball par comité depuis la pause des étoiles. Le problème sera heureux dans la mesure où Redd possède encore un peu de valeurs sur le marché des transactions, particulièrement avec un contrat expirant à la fin de la saison prochaine. Le sort des Bucks est encore et toujours relié aux performances de Redd, même si celui-ci n’a pratiquement pas lacé ses chaussures cette saison. En plus de Jennings qui connait une progression surprenante, Andrew Bogut semble finalement avoir compris son rôle dans la ligue. L’ancien premier choix global au repêchage n’a jamais vraiment rempli les attentes que les dirigeants à Milwaukee avaient fondé en lui en le sélectionnant au tout premier rang. Ses performances n’étaient pas atroces non plus mais rien pour écrire à sa mère. Cette saison par contre, le géant australien moyenne 16 points par match avec une dizaine de rebonds, ce qui le place parmi les bons joueurs de centre constant dans la NBA. Les prouesses athlétiques de Jennings sur les périmètres créant beaucoup d’espace sous le panier, Bogut peut s’installer confortablement dans la zone courte et maximiser sa taille et son physique pour contrôler le jeu de l’intérieur vers l’extérieur. Bogut est complètement en santé cette saison et il teste de plus en plus son corps pour atteindre le niveau supérieur, juste à temps pour les éliminatoires. Qui plus est, Jennings sait de plus en plus comment lui refiler le ballon pour enchainer les deux points faciles. Bogut n’est pas encore un joueur étoile mais il s’enligne pour finalement justifier sa sélection au premier rang il y a quelques années. Pas tout à fait un centre de concession, mais clairement un élément vital à l’explosion des Bucks. Il ne faut pas non plus oublier tous les joueurs de rôles autour de Jennings et Bogut. Il y a bien sûr le nouveau venu John Salmons qui est la bougie d’allumage en offensive. Le vétéran Carlos Delfino qui offre une belle balance défensive sur les périmètres et les deux cartes cachées des Bucks. Luc Richard Mbah a Moute et Ersan Illyasova partagent les positions d’avants. Présentement Mbah a Moute est le partant secondé par Illyasova mais la stratégie change à l’occasion dépendant des performances de la vieille. Les deux jeunes joueurs sont totalement complémentaires et apportent une contribution discrète mais vitale pour les Bucks. Mbah a Moute est hyper athlétique et excelle de plus en plus dans la couverture serrée homme à homme partout sur le terrain. Il peut aussi à l’occasion créer ses chances en offensives et punir les plus petits opposants. Illyasova lui incorpore beaucoup de tactiques européennes dans son jeu et développe de plus en plus son tir à distance pour accommoder les besoins de la NBA. Illyasova est la finesse que Mbah a Moute ne possède pas et quand les Bucks ont besoin d’espacer le terrain et ralentir le tempo, c’est Illyasova qui saute dans la mêlée pour changer le rythme. Encore très brut dans son jeu, le jeune Illyasova surprend et sa contribution est nécessaire non seulement au repos des partants des Bucks mais aussi à la constance de la deuxième unité sur le terrain. J’ai survolé quatre éléments mais il y en a aussi bien d’autres. Les directions offertes par Scott Skiles, les supports de vétérans comme Luke Ridnour et Kurt Thomas qui encadrent la progression des jeunes loups et le support de la ville de Milwaukee. Les Bucks vont faire les éliminatoires et leur seul grand malheur c’est qu’à l’heure actuelle ils devraient se frotter aux Hawks d’Atlanta qui ont eu le dessus cette saison sur les Bucks. Par contre, si Atlanta devance Boston au classement et que les Bucks se retrouvent a affronter les Celtics, je parierais un vieux deux que les jeunes verts viendraient à bout des décevants Celtics en 6 ou 7 matchs. Quand on parle de momentum, on peut difficilement faire mieux que les Bucks présentement. Ils affrontent les Pacers demain et les Clippers mercredi, deux matchs qui sont totalement à leur porté et qui pourraient gonfler encore plus leur cohésion à l’approche des séries. Comme je disais, si vous cherchez cendrillon cette année, peut-être qu’elle arbore un cervidé sur son uniforme au lieu des traditionnelles pantoufles de verre. Rien n’est joué encore, évidemment, mais l’avenir est très prometteur dans le camp des Bucks. |
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