L'Ascension et la Chute des Celtics.

JetSet NBA
Écrit par Jet7basket   
Mardi, 09 Mars 2010 20:22

On retourne en arrière à l’été 2007.  Les Celtics sortent d’une saison de misère et les jours de Paul Pierce avec les verts semblent comptés. L’insatisfaction est palpable, le développement d’Al Jefferson s’éternise et les partisans des Celtics sont déjà massés quelques coins de rues au loin du Garden, profitant avec effervescence des prouesses des Red Sox au Fenway Park. Le basket-ball à Boston n’est pas mort mais la gloire du grand Larry Bird et de Bill Russell est un artefact poussiéreux que tout le grand Boston oublie à grand coup de saisons ordinaires ou médiocres.

Puis Danny Ainge change la donne et lance les dés sans regarder en arrière. En l’espace de quelques jours, le directeur général de l’équipe fait l’acquisition de Ray Allen et Kevin Garnett, deux joueurs étoiles en fin de carrière qui ont soif de victoire. Pour accompagner Paul Pierce vers la terre promise, Ainge a sacrifié son futur immédiat et presque tout son personnel de jeunes joueurs mais dans la ville reine de la Nouvelle Angleterre, la pression devenait insoutenable. Ainge utilise ses trois supers vedettes pour attirer des joueurs de rôles comme James Posey et l’espoir renait graduellement à Boston. Fort de son pari, Ainge voit les Celtics remporter le championnat en 2007-08 et c’est sous les louanges et les remerciements que le DG accepte le trophée Larry O’Brien. C’est la consécration.

Les Celtics amorcent alors la saison 2008-09 comme les favoris dans l’Est et les grands meneurs dans la course hâtive au championnat. Tous les experts s’entendent pour dire qu’avec ses trois meneurs en santé, les Celtics sont une équipe d’élite avec un système de jeu très bien rôdé. Sauf que le destin l’entendait autrement.

À la suite de la pause des étoiles, Kevin Garnett tombe au combat avec une blessure nébuleuse au genou. Les détails viennent aux compte-gouttes et l’équipe ne veut pas se prononcer sur une date de retour. L’espoir est entretenu. Puis viennent les séries éliminatoires dans lesquelles les Celts disposent de peine et de misère des Bulls dans une série de sept matchs que plusieurs considèrent comme la plus enlevantes des dix dernières années. Mais toujours pas de Kevin Garnett. Cette absence sera fatale au deuxième tour et le Magic d’Orlando élimine Boston en sept matchs.

Nous en sommes à cette année. Durant la saison morte Ainge a offert un mirobolant contrat à Rasheed Wallace dans l’espoir de revitaliser son banc. Kevin Garnett est de retour mais n’est plus l’ombre du joueur par excellence qu’il était, lui qui a encore visiblement beaucoup de difficulté avec ses genoux et son explosion sur le terrain. Sans grande surprise, le coup de dé de Danny Ainge commence à dévoiler ses cotés vicieux qui sont l’âge et les blessures. Garnett n’est plus aussi dominant, Ray Allen ralenti à vu d’œil et Paul Pierce manque, à l’occasion, de cœur au ventre.

Cette saison, Les Celts se maintiennent difficilement au troisième rang dans l’est et les blessures se suivent et ne se ressemblent pas dans le cas de Pierce, Garnett et Allen. Le jeune Rajon Rondo porte désormais l’équipe sur ses épaules et il n’y a aucun marqueur de plus de vingt points par match au sein des verts, Pierce étant le meneur avec un peu moins de 18. La cohésion et l’agression défensive que Kevin Garnett insufflait à ses coéquipiers ne sont plus aussi intimidantes qu’il y a deux ans et l’effet de nouveauté a vite été remplacé par une routine parfois paresseuse. Rasheed Wallace connait sa pire saison en carrière et lance des briques de l’arc de trois points comme s’il souhaitait devenir maçon. En bref, l’équipe ne fait plus partie de l’élite et c’est le début d’une chute qui pourrait être vertigineuse pour les Celtics.

Le contrat de Ray Allen expire cet été et fort à parier qu’il ne sera pas renouveler à moins d’un énorme rabais auquel se plierait Allen. Rajon Rondo et Kendrick Perkins sont de bons jeunes joueurs mais ne seront probablement jamais des superstars dans la ligue. Kevin Garnett risque de ne jamais retrouver sa fougue d’antan et Paul Pierce accumule les kilométrages sur son corps qui affiche de plus en plus de signes de vieillissements. Si les choses ne bougent pas drastiquement, les Celtics pourraient bien retourner flirter avec la loterie l’année prochaine et l’effet Cendrillon du pari de Danny Ainge serait déjà une chose du passé.

Comme quoi l’on peut changer le visage et la destiné d’une équipe avec de l’audace et beaucoup de courage. Mais à long terme, la facture pourrait être plus salée que l’on aurait pu le croire. Profitez des quelques festivités que vous offriront le Big 3 à Boston car ils vivent désormais sur du temps emprunter. Si ce n’est pas les blessures qui les élimineront, ce sera une des jeunes équipes de l’Est, gourmande, qui ne se laissera pas intimider par des vétérans avec beaucoup trop de millages au compteur.

Si il y avait encore de l’espoir à Boston au début de la saison, je vous assure qu’il a été uniformément substitué par de l’angoisse et de l’inquiétude. C’est bien dommage, j’étais moi-même très ému de voir Kevin Garnett pleurer auprès de Pam Oliver suite à la conquête de 2008 en hurlant ‘Anything is Possible’ du plus profond de ses poumons. La voix cassée et le souffle éteint, Garnett rayonnait l’accomplissement et le bonheur profond suite à son accolade avec le légendaire Bill Russell. Avec la saison en cours, j’ai par contre beaucoup trop de souvenirs de Garnett qui se masse les genoux en grimaçant sur le banc des verts. La déception de ses complaintes fait malheureusement échos à l’euphorie de son triomphe. J’espère que votre mémoire est moins influençable que la mienne, les Celtics ne méritent certainement pas l’oubli même si ils le souhaitent surement en regardant les bilans médicaux de leurs joueurs étoiles cette saison.

Reste les séries et, comme le soulignait Garnett, … Anything is Possible!

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