Retomber sur terre


Et je n'oserais pas parler pour lui, mais je suis convaincu que Guillaume Giroux, l'entraineur-chef des Nomades, est sur la même longueur d'onde que  moi sur ce point. C'est pourquoi, on s'entend bien et nous travaillons bien ensemble, mais c'est aussi la raison qui nous pousse à mûrir et à mijoter nos défaites plus longtemps, pour trouver les raisons de celles-ci, mais surtout tenter de trouver les façons pour que cette situation se présente le moins souvent possible.

Après notre tournoi en Ontario, où l'équipe des Nomades, classée numéro un au pays, s'est imposée de façon convaincante face aux formations CCAA Ontariennes et portée notre fiche versus des formations de niveau collégial à 16-0. L'invincibilité de MOMO a été mit à rude épreuve, bien que le mot invincible n'existe pas dans le monde du sport, il est toujours difficile de se le faire rappeler. Ce fût donc un weekend difficile ... une fin de semaine ...où les remises en questions nous serviront certainement dans un avenir rapproché.

Tout d'abord, nous avons reçu notre première leçon de basket-ball, par l'équipe sénior Élite des Dynamos féminin, un alignement composé de plusieurs des meilleures joueuses des dernières années au Québec, sur la scène universitaire mais également au niveau international. Ayant formée cette équipe, pour renouer avec la compétition de haut niveau, ces jeunes femmes, inactives depuis peu, pour la plupart ( certaines le sont depuis quelques années tout de même ), se préparent a participer a un tournoi professionnel en Europe au mois de mars et un autre au mois de juin. Ce match exhibition, était d'ailleurs pour amasser des fonds afin de mener leur projet a terme.

Vous auriez probablement raison, de me dire qu'il n'y a aucune honte a s'incliner devant une formation aussi talentueuse et expérimentée que les Dynamo. Cependant, malgré le fait que ces filles là ont toutes été dominantes il y a quelques années au niveau universitaire et même professionnel, nous aurions voulu une meilleure opposition de la part de nos jeunes athlètes qui pratiquent à tous les jours, et qui ont encore des objectifs bien réels d'évoluer a des niveaux de compétitions supérieurs. Nous aurions dût être bien plus en forme, et bien plus affamées que des femmes de 26 à 33 ans, ayant terminée leur carrière sportive !

Une défaite de 67-51, sans nous sortir littéralement du gym, les filles des Dynamos ont dicté le tempo et l'allure du match de A à Z, difficile pour nous de s'imposer au niveau de notre grandeur et de notre physique, devant des athlètes de même gabarit et davantage ! A ce niveau, on aurait aimé plus de combativité de la part de nos grandes, plus d'intensité et de vitesse de la part de nos petites, pour tenter de monter notre niveau de jeu, à la hauteur du défi qui était devant nous.

Malgré tout, Dianna Ross a été excellente tout le long du match, et pour les autres, nous avons connu une bien meilleure deuxième demie, ne concédant que 5 points d'écart aux Dynamo ! Plusieurs de nos joueuses, ont tentés de faire face au challenge et d'en profiter pour devenir meilleures. Entre autre Jannie Jacques et Mariam Sylla, deux vedettes de la ligue collégiale AAA, qui avaient toutes les deux été médiocres en première demie, ont beaucoup mieux fait au deuxième 20, et peuvent en sortir grandies, tout comme quelques autres.

J'étais sensé passé la journée de samedi au tournoi des Astéries, un rendez-vous annuel pour la plupart des coachs de basket féminin, peu importe votre calibre. Mais j'ai pris congé de basket, car nous avions un autre beau défi le dimanche, contre une formation civile U-19. Guillaume m'avait avisé de la puissance de la formation Ontarienne, mais ni lui, ni moi et encore moins nos joueuses pouvions nous douter que cette formation composée des meilleures joueuses de 19 ans et moins, de la région de Hull-Ottawa, était aussi bonne et aussi bien préparée. Résultat = ouch, ouch, ouch! Deux jours seulement après notre match contre les Dynamos, encore une fois nous nous sommes fait remette a notre place.

Lorsqu'on pense qu'on est bonnes, qu'on est belles, qu'on est invincibles, c'est un sentiment agréable d'invulnérabilité, et cela a du bon au niveau de la confiance, c'est même important de connaitre ces sentiments et ces sensations là, mais quand on reçoit une leçon de basket, comme nous avons reçu de la part d'athlètes du même age, la chute est douloureuse. Il faut alors, se retrousser les manches, coachs et joueurs et trouver la force de rebondir, de travailler plus fort ! Bien-sûr, il est évident et bien connu de tous, que l'adversité fait grandir les grandes équipes, et les grands athlètes, mais il faut d'abord se relever, pour mettre en pratique ce vieux cliché sportif.

Nous avons subit une cuisante défaite part la marque de 66-48, contre une formation U-19 de la région d'Ottawa. Le match aurait définitivement pu être plus serré, et même tourner en notre avantage, si nous avions été prêtes pour cela. Les Nomades, sans être dépourvu de lacunes, sont une excellente formation dotée de plusieurs armes offensives et défensives, qui rendent l'équipe du collège Montmorency difficile à jouer dans notre calibre. Mais un vieux dicton indique clairement qu'un champion est ''toujours prêt'', et nous ne l'étions pas, de toute évidence !

Dans ce match, seule Cynthia Suissa et Jannie Jacques, se sont démarquées dans ce match difficile pour l'orgueil de toute l'équipe, qui venait tout juste de sortir gagnantes, trop aisément d'un tournoi collégial AAA en Ontario quelques semaines auparavant. Et j'ajouterais même que ce fût une journée difficile pour l'orgueil de toute une province, avec la défaite par 27 points des Cavaliers du Collège Champlain, quelques heures plus tard. Il s'agissait bien-sûr des meilleures athlètes d'une région riche en talent sportif, mais ce n'était pas tout de même pas ÉQUIPE ONTARIO ! Pourtant, la cohésion, l'exécution et l'expérience de cette formation pré-universitaire, étaient d'une telle précision et d'une incision remarquable, qui nous fais se poser des questions sur le développement sportif de nos athlètes québécoise en basketball.

TRES LOIN DE MOI, l'idée d'enlever de la crédibilité aux succès de nos équipes du Québec, lors des championnats U-15 et U-17, mais force est d'avouer que plusieurs des meilleures athlètes des autres provinces, ne sont pas représentées lors de ces sélections. Plusieurs évoluant sur les différentes équipes AAU, ici au pays ou même directement recrutées par des programmes américains. Il devient donc difficile d'établir avec exactitude une comparaison valable de notre talent, avec celui de l'Ontario ou même ailleurs au Canada, seulement en relevant les résultants des championnats estivaux. Une fois, la saison estivale terminée, toutes ces athlètes reviennent et évoluent pour leur programme scolaire, très souvent des sport-études complet.

Ensuite, le développement de ces athlètes hors Québec, se poursuit au niveau pré-universitaire jusqu'a 19 ans !!! Avec la formation d'une ligue d'Élite de décembre a juin, une ligue qui remplace un peu notre ligue Collégiale AAA ici au Québec. Je ne sais pas si tout cela est une réaction en marge de notre performance face à la formation U-19 d'Ottawa, ce que j'en sais, c'est qu'il n'y a pas si longtemps, les meilleures formations collégiales AAA du Québec, pouvaient aisément rivaliser avec les meilleures formations universitaires au pays, je me souviens du Championnat des Champions en 2006, qui regroupait les 4 meilleures formations du CIS, les deux meilleures du CCAA, ainsi que le NEDA et l'équipe hotesse de l'événement, un tournoi où les deux formations collégiales étaient québécoises ( Montmorency et Édouard-Montpetit ) et que nous avions fait tourner bien des tête vers notre ligue et notre province, je me souviens également d'une victoire satisfaisante des Lynx la même année, quelques semaines après le tournoi des Champions, contre la formation NATIONALE U-19 du NEDA ( National Elite Development Academy ) !!!

C'est pourquoi quelques années à peine plus tard, je me demande où nous en sommes rendu. Poser la question, c'est un peu y répondre, croyez-vous que le basket-ball québécois est en santé au Québec ? Si oui, nous pouvons contempler nos résultats et nos podiums lors des championnats d'été et croire que tout va bien, ou plutôt, regarder plus en profondeur et travailler sur des solutions viables pour aider notre sport ici ! Ce qui me console par contre, c'est qu'il y avait au moins trois filles du Québec dans la formation des Nationals d'Ottawa que nous avons joués hier après-midi !

Je continu de penser que la solution réside dans le développement de nos athlètes et non pas dans les équipes de performances estivales, je crois que la solution réside dans le nombre d'heures passées dans un gymnase ou en salle d'entrainement a travailler sur nous-mêmes, que dans un contexte où dix, douze athlètes se partagent le même ballon !!! Cependant, je me dois d'ajouter ...comme toujours après les nombreuses heures de discussion avec mes chums de basket, Guillaume en tête de liste pour s'intéresser au basket québécois dans son ensemble, que l'idéal serait naturellement de pouvoir marier les deux mondes. Je suis bien d'accord ! Encore faut il y croire et savoir comment s'y prendre.

Tags: Danny Vincent , Diana Ross , Dynamo , Guillaume Giroux , Nomades Montmorency

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