Quelle est la valeur de leurs rêves ? |
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Je fais tellement de basket ces temps-ci, sans même être dans le gym ou si peu, un horaire de vacances remplit, de préparation, de planifications, de projections, de négociations, et d'organisations, que j'ai à peine le temps de voir passer les choses, de voir passer la vie. Certains diront que c'est mon malheur, et ils ont raison. Mais c'est ma vie, comme je la fais pour le moment. Toutefois au travers de ce brouhaha, certaines situations ou évènements se présentent, un coup de fil ou un courriel, qui me pousse à faire un arrêt sur l'image et à me souvenir. À me rappeler les gens que j'ai côtoyés, ceux qui m'ont fait grandir, ceux qui m'ont poussé plus haut, plus loin, et même ceux qui m'ont tassé dans un coin. Ce matin, avec l'annonce de l'obtention de la bourse Pat Burns par Dianna Ross, j'ai eu envie d'écrire sur elle, ensuite le texto d'Élise qui m'annonçait qu'elle serait aux sélections de Team Canada ... j'ai eu envie d'écrire sur elle aussi, un coup de fil de mon ami Pec et j'ai eu envie d'écrire sur les équipes du Québec, sur le développement de l'élite, de sa vision et de la mienne qui se ressemble étrangement, ect ... Des discussions jusqu'aux petites heures du matin avec une gang de mordus de ce jeu qui me nourrisse de nouvelles idées pour mon blog. Il y a aussi le retour de tous ces joueurs originaires du Québec, qui reviennent jouer CIS après un essai infructueux dans la NCAA, mais qui choisissent de le faire ailleurs qu'ici !? Je vous l'assure, j'ai la tête pleine de basket, mais surtout pleine de souvenirs, et ces souvenirs remplissent mon coeur de souhaits. Le souhait de me souvenir assez pour ne pas faire les mêmes erreurs que j'ai déjà faites, le souhait de voir mes rêves s'accomplir et surtout le souhait d'aider les gens qui m'entourent à réaliser les leurs. Quel rêve y a t'il de plus grand, que celui d'aider les autres à réaliser les leurs ? Je vous le demande ...
L'histoire de Dianna est à la base de ce texte, mais je parlerai très peu d'elle. Son histoire reflète la beauté de la vie à travers le sport, son histoire reflète la beauté des relations entre les entraineurs et leurs athlètes. Son histoire révèle la magie derrière une touche de balle, une victoire ou un beau jeu défensif. J'ai eu la chance de travailler avec Dianna, une année ... une saison seulement, et sans le cacher elle sera très difficile à remplacer non pas sur le terrain, ni même en dehors, mais dans mon coeur. Imaginez-vous la place qu'elle peut prendre dans le coeur de Guillaume qui la côtoie depuis plus longtemps que moi. Mais surtout la place qu'elle prendra toujours dans ceux des intervenants de St-Laurent. Voilà tout l'étendu du travail de Dan Lacasse, bon an, mal an ... des bons coups au moins bons, derrière les victoires parfois trop facilement acquises, la véritable raison d'être et l'immensité du travail de ces gens-là, ce cache derrière une histoire comme celle de Dianna, et bien d'autres avant et après elle. Moi je n'ai eu que l'honneur d'aider au peaufinage de cette réussite, un mérite qui revient d'abord et avant tout à Dianna, sa famille,et ensuite aux gens qui l'ont véritablement aidé. Il y a d'autres Dan Lacasse au Québec, d'autres Xavier, Marc-André, Martin Dusseault, Michel Blanchette, Monique ou Yannick Mercier au Québec, je suis désolé de ne pas vous connaitre tous et de ne pas tous vous nommer. Car derrière cette histoire, il s'en cache des centaines d'autres. Je le sais bien ! Je viens de Grand-Mère, ne l'oubliez pas, ce n'est peut-être pas Montréal-Nord ou Hochelaga-Maisonneuve, mais c'est suffisant pour reconnaitre le travail des autres et pour savoir la chance de certains comparativement à d'autres. En arrivant ici, sur la Rive-Sud, il y a sept ans ... J'ai travaillé davantage avec des athlètes qui avaient eu des "chances" , des opportunités, qui n'étaient pas monnaie courante dans mon village où les riches de là-bas seraient probablement les moins bien nantis dans certaines sphères sportives d'ici. Pourtant ce sont de vraies gens, avec des réalités différentes, mais surtout ce sont des athlètes, des jeunes avec des rêves qui sont souvent les mêmes que l'on soit riche ou pauvre. L'histoire de Dianna, et les souvenirs qu'elle fait resurgirent, m'ont donné l'idée d'un texte. D'un texte traçant un parallèle entre les rêves, entre les choix que nous faisons selon qui nous sommes et qui nous voulons être. Je n'ai pas la prétention de parler de la vie, je parle ici de sports et de rêves d'enfants. J'ai envie d'écrire une lettre aux parents, aux parents qui ont la chance d'avoir les moyens de supporter leurs enfants-athlète, les moyens financiers et logistiques, mais également la santé pour le faire. Par la suite, je vous laisse en écrire une aux parents qui n'ont pas ces mêmes moyens.
Bonjour Monsieur, Madame, J'aimerais vous dire quelques mots à propos de votre enfant. Premièrement, j'aimerais vous dire que votre enfant est chanceux d'avoir une famille comme la sienne, une famille proche, équilibrée et surtout pleine d'amour les uns pour les autres. Il est chanceux d'avoir les opportunités qu'il a depuis quelques années déjà, en ce qui concerne son sport, son développement et les expériences enrichissantes qu'il peut vivre à travers tout ça. Il ou elle, est choyé d'avoir un talent et un potentiel au dessus de la moyenne, que ce soit au basket de même qu'à l'école. Il ou elle est privilégiée d'avoir accès à un développement spécifique et axé sur lui-même. Encadrer par des parents qui ont à coeur les intérêts de leur enfant. Et malgré tout cela, rien ... rien ne garantit qu'il ou elle jouera encore au basketball dans 2,3,4 ou 5 ans, rien ne garantit que votre enfant atteigne ses objectifs ou ses rêves de jeunesse. Cela nous pousse seulement à croire que si il choisit de s'investir dans cette voie, qu'il aura plus de chances d'y arriver, voilà tout. Il n'y a que deux sortes de rêveurs dans le monde du sport d'excellence, il y a ceux qui auront toujours le choix de rêver d'autres choses, et il y a ceux qui n'ont pas le choix de réussir. Pourtant, à la base ce sont les mêmes rêves, les mêmes objectifs et je peux vous jurer qu'ils ont tous la même importance dans la tête d'un enfant de 12,13 ou même 15 ans ! Parfois, on peut croire que c'est les rêves grandissent avec les opportunités, avec les chances que nous avons, et c'est surement vrai, mais à travers toute cette chance, toutes ces opportunités, il faut considérer également le fait, que votre enfant a aussi la chance d'avoir le choix ... un choix que plusieurs n'ont pas que ce soit au Québec ou même davantage aux États-Unis. Des situations qui transforment les rêves, en objectifs et où certains athlètes y voient une porte de sortie un accès aux études et à des expériences nouvelles qu'elles n'auraient pas la chance de vivre sans leurs talents, leur potentiel, mais surtout sans l'investissement en temps, en effort et en attentes versus leur ascension et leurs réussites sportives. C'est un choix que votre enfant aura toujours au bout de ses doigts, à portée de main et qui influencera les efforts et l'engagement qu'il prendra envers ses propres rêves de petites filles ou de petits garçons. Tôt ou tard, ces enfants grandiront et la valeur de leurs rêves de jeunesse aura soit diminuer ou augmenter, mais une chose est sûr elle ne sera pas la même que présentement. Dans l'immédiat, en bas âge, nous travaillons avec des rêves, des illusions, nous travaillons par admiration et par des modèles, bientôt par contre, ce sera le temps du travail par acharnement, par passion et conviction de le vouloir et d'y arriver. C'est pourquoi il est important de les laisser vieillir à leur rythme, de les laisser maturer leurs rêves. De réduire les sources de pression autour d'eux, à l'exception de leur entourage sportif et d'eux-mêmes bien entendue. L'éducation étant votre plus large part, laissez votre empreinte sur les valeurs importantes que vous voulez lui enseigner. En laissant le sport aussi souvent de côté que possible. Car il ne reste plus beaucoup de temps où ils pourront, et où vous pourrez également vous satisfaire du seul fait qu'il ou elle vit des choses extraordinaires, et des opportunités tout aussi incroyables à travers un sport qu'il ou elle a choisi comme moteur de ses rêves et de ses illusions. Ces enfants doivent réussir à conserver des moments de purs amusements, afin de maximiser les moments où ils auront de la pression supplémentaire orientée vers une forme de réussite. Sinon, nous tomberons dans un "no where zone" où nous tenterons de se "pitcher" d'un côté ou l'autre de la balance en tentant de réparer les erreurs que nous aurons fait avant, au nom de leurs rêves à eux. Bien assez vite, reviendra le temps où une sélection sera aussi importante pour le père autant que l'athlète, ou la déception sportive affectera autant la mère que l'enfant, bien assez vite viendra le temps où un match de basket, sera comme un match de séries du Canadien de Montréal et où les émotions parleront à la place de notre tête, que ce soit normal ou pas, malsain ou pas. Bien assez vite le temps viendra où la place que prendra votre enfant se fera au détriment d'un autre jeune que vous aurez vu grandir ... ou peut-être tout simplement ce sera l'inverse. Ce sont des banques d'émotions qu'il faut conserver pour mieux les gérer au moment venu. En terminant, je me rends compte de plus en plus à quel point Élise Caron, a été véritablement chanceuse d'être entouré de la façon dont elle l'a été, avec des parents autant du coté de son père, que de sa mère, qui bons ou mauvais matchs, réussites ou échecs, l'approche était toujours la même. Il n'y avait que deux personnes qui poussaient et mettaient de la pression sur Élise Caron pour la faire progresser et protéger ses rêves, il y avait moi, mais bien plus exigeant encore, il y avait elle-même ! Aucun enseignement, éducation, opportunité ou chance, ne peut influencer cela, mais seulement la valeur que l'athlète accordera à ses rêves. Tout ça, si fragile que tout a failli s'effondrer, une fois, deux ... !? Par ma faute possiblement, ou parfois la sienne, mais elle y est arrivé. On parle ici de 0.1% des athlètes que j'ai entrainés. Les autres n'ont pas tous atteint leurs rêves de jeunesse. Pourtant, ne pas réussir, ne veut pas dire échouer. J'ai toujours tenté de rester dans cette voie, mais je m'y suis parfois écarté. Je connaissais la valeur des rêves d'Élise, cela n'avait rien à voir avec son milieu, ou les opportunités qu'elle a ou qu'elle n'a pas eu. Car tout devenait un prétexte pour réussir. Quelle était la valeur des rêves de Diana ? Cette bourse en était assurément une partie, ainsi que toute l'aide reçu dans sa vie, autour de son sport qui est probablement une autre part ...de ses rêves de jeunesse qui se sont vite transformés en objectif de vie. Chaque histoire en cache une autre, pour chaque réussite il y a eu beaucoup plus d'échecs, le plus important c'est de comprendre pourquoi nous sommes là, à titre d'entraineurs, d'intervenants et d'observateurs privilégiés de leurs quêtes de réussite, et pour les athlètes le plus importants c'est d'y croire, c'est tout ! Vous verrez que la lettre adressée à un parent moins fortuné ou qui n'a pas les mêmes moyens ne sera pas bien différente. Les rêves et le désir de voir votre enfant réussir seront toujours présents. Seulement les choix et les conséquences seront différents. Mais rappelez-vous que ne pas tout réussir, ne veut pas nécessairement dire échouer ... Félicitations à ma belle Dianna et bonne chance à ma petite Élise ... parfois un vrai rêveur ne cesse jamais de rêver !
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