L'entrainement hors-saison...encadrement individuel vs équipes élites


Difficile d'être aussi régulier que je le voudrais dans ma collaboration Jet7 ... Je suis beaucoup plus souvent dans un gymnase que devant mon clavier informatique.

En fait, je suis toujours dans le gymnase, dès la fin de la saison régulière avec les Citadins, j'ai augmenté ma participation au programme des Sphinx de Jacques-Rousseau, pour quelques semaines avant leur fin de saison, et en préparation de la prochaine également.

Ensuite, courtes auront été mes vacances, car depuis presque deux mois déjà, j'ai repris le travail avec les Citadins, en offrant des plages horaires quotidiennes d'encadrement individuel. J'ai toujours été convaincu que le goût de l'excellence existe dans chacun de nous, dans chacun de nos joueurs et qu'il n'en tient qu'a nous les entraîneurs, de le faire découvrir à nos athlètes et ensuite à encourager le développement de cet idéal sportif. Et la meilleure façon sera toujours d'être présent avec nos athlètes dans le gym ... c'est bien beau la responsabilisation, et les discours de motivation pour inciter nos joueurs à s'entraîner davantage, mais selon ma philosophie, si on demande a un joueur d'en faire plus pour s'améliorer, pourquoi ne pas appliquer le même principe en ce qui concerne les entraîneurs !?

Malgré tout, puisque ce blog est pour tous, de mini-basket au CIS, je dois parfois tenir compte que les réalités de chacun ne sont pas les mêmes. Pourtant, le véritable défi d'un entraineur devrait toujours être le même, c'est-à-dire de vendre l'idée aux athlètes que le travail sera toujours payant pour eux, pour elles... pour l'équipe. Et si notre situation, notre réalité, ne nous permet pas de s'impliquer a temps plein avec nos athlètes, il nous appartient tout de même de guider nos jeunes et leurs parents, vers les meilleurs choix possibles en ce qui concerne leur entraînement off season !

Une tâche, qui parfois est bien plus difficile qu'on pense, quand il s'agit de vendre l'idée que 30 mins d'individuel est plus important que 30 minutes de temps de jeu dans un match pour devenir un meilleur joueur. De vendre, que pour chaque match, on devrait avoir pratiqué trois fois plus, et que pour chaque entraînement collectif, on devrait ajouter au moins la moitié de ce temps en encadrement individuel, si l'on veut continuer de progresser comme athlète, et non pas seulement comme équipe. Et c'est encore pire maintenant, puisque l'on compte les camps, les programmes, les sessions d'entraînements ... par dizaines, par centaines ... et sous toutes les formes que ce soient. Cela devient difficile pour les parents, pour les athlètes de choisir ce qui est le mieux pour eux ...et pour les entraîneurs saisonniers de les aider à choisir judicieusement.

Comment dire non, au programme d'été proposé par notre organisation scolaire, ou civile avec laquelle on travaille toute l'année, et avec laquelle on jouera encore la saison suivante !? Mais il y a « pire », la multitude de programme d'été basés sur la participation à des tournois, des matchs, des structures d'équipes, qu'on appelle AAU TEAM aux Etats-Unis. Une tendance maintenant, québécoise qui se dispute la participation des athlètes québécois, a des âges de plus en plus bas, en attirant ces jeunes et leurs parents ... avec des mots comme « Visibilité », « AAU », « USA », «NCAA» et même «NBA» !...

C'est alors que la guerre du recrutement pré-pubère, qui débute ....« Ce programme-ci participe à 3 tournois aux States, ... ok, moi le mien en fait quatre ... mais que dire de celui-ci qui en fait cinq !!! » .... Et la surenchère continue ... en oubliant souvent le plus important pour un athlète en off season ... peu importe son calibre de jeu ... « Quand est-ce que je pratique ? »

La réponse vient rapidement ... et là on nous sort l'horaire des entraînements, ... « On pratique 3 fois par semaine, avant chacun de nos tournois ! » Ce qui nous donne environ 30 heures de pratiques dans l'été ... Wow ! ..... « Ok, je crois que vous m'avez mal compris, j'ai demandé ; quand est-ce que JE pratique !? »

Encore une fois, comprenez-moi bien, les propos et les opinions que je rapporte sont les miens et il est libre a vous de les partager ou pas.

En fait, j'aimerais avoir le modèle parfait, ce n'est pas le cas, je déplore, que la popularité de mes séances au niveau universitaire, touche plus particulièrement les joueuses de notre profondeur, et nos recrues qui ont beaucoup à gagner pour la prochaine saison. Difficile de changer une culture de travail, ou de trouver LA bonne source de motivation, chez une athlète vedette d'expérience, qui n'a plus grand chose à gagner du point de vue individuel. Vous devez vous rabattre sur le concept collectif de ce jeu ... mais encore, ... Comme toujours la vérité, se trouve souvent dans la démesure, dans l'excès et le déséquilibre que représente les athlètes d'exceptions.

Dans ce texte, j'espère seulement que vous ne vous perdiez pas, ... car moi-même en écrivant, j'avais de la difficulté à suivre toutes mes idées ou à les placer dans le bon ordre. C'est d'ailleurs pourquoi, ce texte sera une fois de plus en deux parties ...

No pain, No Gain, More Shots, more % ... More time, more Win et finalement More game, better decisions ! Laquelle de ces phrases est la plus vrai, laquelle doit-on prioriser ?

Je crois que tout doit être fait ... mais que nous devons revoir notre ordre de priorité dans cette recherche d'excellence » .... je crois également que nous sous-estimons souvent le temps qu'un athlète peut accorder à la pratique de son sport. En fait, le basket-ball, nous sommes loin, très loin derrière les autres sports élites au Québec, où certains jeunes de 13 à 19 ans, peuvent s'entraîner de 15 à 20 heures par semaine, en excluant les temps de compétitions ! Et tout cela sur une durée de 11 mois ! Des sports comme ; la natation, le plongeon, le patinage artistique, le hockey, l'athlétisme et maintenant le football ... sont nettement en avance sur leur propre éthique de travail et le volume d'entrainement exigé pour atteindre l'excellence. Ce qui se reflète d'ailleurs sur les résultats obtenus par ces disciplines sur la scène nationale, voir même internationale.

Cela dit, Nos athlètes passent de plus en plus de temps dans les gymnases, c'est vrai ! Car désormais il n'est pas rare qu'un jeune garçon ou une petite bonne femme, d'a peine 10 ou 11 ans, soit déjà identifié et spécialisé en un seul sport ... le basket. Ce qui me dérange, c'est le rapport dysfonctionnel, entre le volume d'entraînement et le nombre de compétitions .... Et j'ajouterais même l'absence quasi-totale d'un réel encadrement individuel versus le temps de gymnase et le nombre de matchs !!! Je ne parle même pas ici du temps que l'on devrait accorder à la condition physique, la proprioception, la visualisation ... et la musculation pour les plus vieux.

Je n'ai pas de calculs précis sur ces rapports de temps, mais un simple regard sur ce que vous faites vous-mêmes vous donnera peut-être un bon indice de ce déséquilibre alarmant. Et c'est pourquoi, nous devons souvent retenir la maxime suivante, qui dit que ce n'est pas tant la quantité de temps accordé à l'entraînement, mais tout d'abord la qualité de celui-ci ! Encore une fois, c'est en trouvant un équilibre logique que nous aurons une réponse sensée.

Comme c'est la mode présentement, prenons un athlète de sec. 2 ou 3, qui évolue pour deux équipes en saison régulière, c'est-à-dire, durant la période des classes ( car n'oublions pas que CIVILS ou PAS, nos athlètes sont tous des étudiants !!! ) ... Il ou elle, pratiquera environ 4 à 5 fois semaine, donc entre 7 et 10 heures, mais sur ce nombre d'heures d'entraînements, au moins une, sinon deux plages horaires serviront plus tard dans la saison à y insérer des matchs de ligue ou exhibitions, faute de plateaux. La fin de semaine, servira pour les tournois, les activités de financement et pour les matchs n'ayant pas été insérés sur semaine. Comme, nous parlons ici de jeunes étudiants ... il serait difficile de leur en demander bien davantage.

Et si nous décortiquons encore un peu plus ces temps d'entraînements ... En évoluant pour deux formations différentes, l'athlète devra s'acclimater à deux équipes différentes, deux coachs différents, mais surtout à deux systèmes de jeu différents ...

Deux défensives collectives ( c'est maintenant la grande mode, des zones, des pressions tout terrain, des rotations défensives, ect ..ect ... a partir de mini-basket ... ensuite, nous sortons évidemment notre fameux PAD de coach, pour démontrer a quel point on contrôle le match, et voilà que notre jeune aura à apprendre, comprendre et à exécuter, nos sorties de balle, nos motions offensifs, nos quick play, ...

... et en plus, nous inculquerons même des balises, des limitations dans le jeu pour certains athlètes, et ce avant même de savoir si le kid est gaucher ou droitier, on sait déjà qu'il sera le bigmen, et le garde ... et celui qui sera la vedette ... car il ou elle a déjà joué mini-basket et peut facilement faire ses lay-up des deux cotés ... alors pourquoi perdre du temps avec les autres qui sont moins habiles, on leur trouvera bien une utilité plus tard !

Bon, je suis d'accord ... Je m'égare ... saute d'humeur ! Pardonnez-moi ... je reviens à notre texte ...

Si vous avez réussis à suivre, vous devriez être en mesure de me dire combien d'heures sera accorder à l'encadrement individuel de cet athlète ? Combien de temps ce jeune, ou cette jeune joueuse aura été en mesure de consacrer a son développement intégral en incluant tous les paramètres de ce sport très complexe !? Et encore une fois, nous n'avons pas parlé des heures d'entraînements hors gymnase. Car bien souvent, l'entraineur « d'excellence » de ce kid ... n'a pas de temps à perdre avec cela, il exigera à ses athlètes de le faire, mais à l'extérieur des heures d'entraînements ...en oubliant encore une fois, ...que ce sont des ÉTUDIANTS et que souvent la portion de leur heures disponibles ils ou elles les passeront dans un gymnase .... En entraînement collectif ou en compétitions !!!

Encore une fois, je n'ai pas de tableaux statistiques précis, mais ça vaut la peine de relire ce texte, ou d'analyser vous-mêmes des situations connues ...et vous n'aurez pas besoin de chiffres pour comprendre le non-sens de tout cela ...

Prochain texte, cette semaine .... Je vous avais dis que je parlerais d'expériences personnelles, de souvenirs ...et aussi bien-sûr de Gordon Hayward, Butler University, ... Ben quoi, j'ai bien droit d'utiliser les USA et la NCAA moi aussi pour mousser mes entreprises .... Hahahaha ! A très bientôt chers lecteurs.

 

Tags: camps , Danny Vincent , entrainement , hors-saison

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