Élise Caron et un clin d'œil aux Jeux du Québec (Partie 2) |
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Il n'y a pas si longtemps, ... Les Jeux du Québec en basket-ball, regroupait des jeunes de 13,14 ans au sein des équipes régionales. En ce temps là, je croyais que le très jeune âge de ce groupe, portait préjudice aux petites régions qui n'avait pas aussi bien développé les programmes de mini-basket, comme c'est le cas pour les régions du Richelieu, Québec, Montérégie, ... et quelques autres. Depuis lors, mon opinion à un peu changée .... Toujours est t'il que l'année précédant les Jeux, nous avions décidé de faire un groupe d'entraînement régional pour les secondaires 1, durant l'été ... en prévision de l'été suivant, un groupe d'entraînement jouant très peu de match, qui ne coûtait pas grand-chose, mais qui s'entraînait beaucoup. Peu d'athlète avaient répondues à l'appel, préférant jouer dans les différentes équipes d'été ... qui existaient déjà, mais pas en nombre incalculable comme aujourd'hui. C'est pourquoi, j'ai du me contenter ...d'un groupe moins fort que je l'aurais voulu, mais tout de même, nous avions sélectionné 12 athlètes sur la petite vingtaine de jeunes filles de la région, qui s'étaient présentées pour faire partie de ce groupe. Parmi ces athlètes, il y avait la petite Élise Caron ... sélectionnée au 11e ou peut-être même au 12e rang de ce groupe, non pas par choix ...car quelques unes des meilleures joueuses de cet âge, ne s'étaient pas présentées à cette sélection, cela avait ouvert quelques postes de plus pour compléter l'alignement, ... mais tout de même cette petite fille d'a peine 5'0'', m'était fortement recommandé par son entraîneur de l'époque Yves Renaud... qui la classait comme une travaillante acharnée. Qualité, qu'elle aurait visiblement besoin vu son potentiel, à première vue, limité. Pratiquant aussi la balle-molle ... sport féminin très populaire dans mon coin de pays, elle combinait ces deux sports à son horaire ... arrivant souvent à la hâte aux pratiques de basket, encore vêtue de son uniforme de baseball ! Crampons aux pieds, en sortant de son sac de balle, une paire de running enfilée rapidement pour commencer son entraînement de basket ... avec un coach inconnu qui l'avait choisit parmi les dernières. Elle en avait rien à faire, elle était là c'est tout. Et même si mes entraînements et mes méthodes ont beaucoup changés au fil des années, ... le fond était, et sera toujours le même, un engagement complet des athlètes et de l'entraîneur, basé sur le développement individuel des habiletés techniques, autant que celui des attitudes d'excellences. Que vous ayez 12 ou 25 ans ! Et je me souviens très bien, de la hargne et du désir de victoire de ce petit bulldog aux habiletés très ordinaires, qui survivait dans un programme d'encadrement basé essentiellement sur le 1 vs 1, la condition physique mais également sur une multitude d'habiletés que je rendais quantifiables à ma façon. Quantifiables au point, où les athlètes pouvaient se comparer à eux-mêmes, évaluer leur propre progression mais également se comparer avec les autres athlètes sur plusieurs aspects individuels du jeu. Comme une logique incontournable qui m'avait été enseigné par le monde de l'athlétisme ... les chiffres ne mentent pas, ils ne le peuvent ... ce qui permet toujours à l'entraîneur de s'obliger à voir, ce qui parfois ne se voit pas ... ou qu'il se refuse inconsciemment de voir, ... seulement à l'évidence du talent ou du potentiel! Cet été là, Élise ( sec.1 ) m'a obligé à regarder mes « chiffres », mes « classements habiletés par habiletés » plus que jamais, ... car malgré un talent que je pensais limité, elle était dans le Top 3 de toutes les stats que je pouvais faire ... même celles inventées pratiquement juste pour qu'elle ne soit pas au sommet de la liste. Que ce soit les tests de condition physique, en passant par les tournois de 1 vs 1, jusqu'aux incalculables concours de shooting. Si les chiffres ne mentent pas, l'être humain peut le faire ... c'est pour cela que c'est difficile de changer l'opinion d'une personne ... d'un coach ... quand son idée est déjà faite ! C'est un peu la raison pour laquelle, j'ai inventé autant de tests, autant de paramètres quantifiables ... pour m'obliger à ne pas me mentir, et de ce fait ne pas tricher mes athlètes ! Même que ces habiletés, quand nous les rendons quantifiables, nous obliges à voir également au-delà des statistiques de game... Car bien souvent les stats de games, reflètent bien-sûr le « performer » dans l'athlète, le talent selon la définition qu'on lui donne, ... parfois il peuvent même refléter l'effort ... mais les statistiques de game, révèlent d'abord et avant-tout, la préférence des coachs ... à faire jouer tel ou tel athlète, au détriment automatique d'un autre, selon ses propres valeurs ou idéologies ( talent, grandeur, potentiel, politique, vitesse, intensité, ..... etc ...etc ... ). C'est un jugement incontournable auquel tout les athlètes doivent passer, lorsqu'ils pratiquent un sport d'équipe. En fait, il n'y aura toujours que 5 joueurs sur ce terrain et un seul ballon pour les dix joueurs ! C'est aussi ça le sport d'équipe ...
En situations de match, Élise était trop impatiente, trop enthousiasme et aussi trop inexpérimentée pour offrir une performance digne des résultats qu'elle obtenait en entraînement. Et si on s'attardait à sa taille de 5'1''... notre opinion était encore pire ! Mais jours après jours ... les chiffres en entraînement parlaient pour elle, car selon ces mêmes chiffres, cette petite athlète invitée de dernière minute, était LA meilleure joueuse de notre groupe d'espoirs ! C'est alors que le coach doit prendre une décision, soit il s'entête à cacher les chiffres et classer les entraînements comme secondaire dans le développement et l'évaluation de ses athlètes, et il continue de faire confiance aux joueurs « de talent » qui performent mieux en match, sans pour autant être celles qui travaillent le mieux en entraînement ... ou il tente de trouver un moyen de faire performer ses athlètes les plus performants en entraînement. Dans le même ordre d'idée, il pourrait également exiger davantage dans ses pratiques de la part de ses «performeurs de game». Tout cela vous dis quelque chose ... j'en suis sûr ! Hahahahaha .... Différentes équipes, même problème ! Mais revenons, à notre histoire ... Élise m'a obligé à faire des choix, et sans faire de compromis j'ai opté pour toutes ces réponses. J'ai placé un « target » sur la tête d'Élise, et elle était devenue l'athlète à abattre en entraînement ... elle le point de dépassement de toutes les autres. Et dans un même temps, j'ai commencé à m'occuper davantage d'elle non pas seulement en match, mais aussi ...en entraînement. Puisque l'on ne jouait pas beaucoup, sa progression en game était plus difficile à évaluer, mais je peux assurément vous dire, qu'elle est demeurée dans le Top de mes entraînements, malgré tout les efforts des autres joueuses étiquetées avec un meilleur potentiel. C'est ainsi que l'été à passé très rapidement avec mon groupe. Les saisons scolaires ont reprit leur cours et les athlètes ont rejoint leurs équipes respectives. En une année ...et bien-sûr un été seulement ... mon groupe scolaire à moi, de l'École secondaire Durocher de Grand- Mère, est passé d'une équipe benjamine (formation B) de niveau moyen, à LA meilleure équipe Cadette en région, avec en grande majorité des filles d'âge benjamine ! Évoluant pour l'École Secondaire Val- Mauricie, Élise Caron ... était elle aussi surclassée au niveau cadet, avec deux autres de ses amies du même âge. Yves Renaud, leur entraîneur, qui avait travaillé avec moi durant l'été ... avait lui aussi préféré le chemin difficile de surclasser ses meilleures jeunes dans le cadet, plutôt que de dominer outrageusement le calibre inférieur, avec deux ou trois athlètes au dessus des autres. Cette année là, nous avions le dessus sur la formation Shawiniganaise, comme sur la plupart des formations AA au Québec, mais là n'est pas l'histoire... Élise, Alexandrine ... deux des « benjamines » évoluant pour les cadettes de Val-Mauricie, étaient sans conteste les meilleures de leur formation, et leur intensité, leur combativité, n'en faisaient pas les joueuses les plus appréciées par les athlètes et les parents de notre coté. On aime rarement celles qui peuvent vous battres à cet âge. Donc, imaginez-vous ma grande surprise ... quand Élise, sa mère et son coach ... sont venues me voir ... après le premier match de la saison, un match très intense disputé entre nos deux équipes, pour me proposer de continuer de travailler avec Élise en Individuel ...et même de faire quelques pratiques communes durant la saison entre nos deux programmes ! Tout cela, pour le développement de nos athlètes ... et non pas juste de notre programme. WOW ! J'ai accepté ... et c'est un peu de cette façon que la véritable histoire d'Élise Caron à commencé. Lisez-bien ceci ; Il y a 35,40 kilomètres qui séparent la ville de Shawinigan-Sud, à celle de Grand-Mère. En voiture cela peut prendre une vingtaine de minutes ... mais en « scouter d'adolescent » cela peut prendre plus de 45 !!! Et là dessus je ne vous raconte pas, le mauvais temps, la pluie, le froid, ect...ect... Élise à commencer par une fois semaine, pour ensuite passer rapidement à deux et à trois séances d'entraînements hebdomadaire en individuels ou avec mon équipe. Tout cela ajouté à ses 2,3 entraînements par semaine avec son équipe à elle. Et elle ne manquait aucun rendez-vous ou presque ! Et inutile d'ajouter que ses résultats excellents scolaires étaient demeurés intacts, tout cela faisait partie de l'entente familiale d'Élise avec sa recherche d'excellence sportive. On ne parle pas ici d'une deuxième équipe, comme c'est souvent le cas maintenant, mais d'un volume d'entraînement plus grand, axé uniquement sur son perfectionnement à elle. Plusieurs parle d'Élise comme d'une travaillante acharnée ... plusieurs pensent que si d'autres joueuses « plus talentueuses » ou avec un meilleur potentiel auraient fait les mêmes sacrifices, elles auraient obtenues les même résultats ou mieux encore. Dans un sens, c'est un compliment pour Élise, et de façon égoïste que c'en est un pour moi également. Mais je n'en crois rien. Le véritable talent d'Élise à toujours été reconnu comme sa capacité à fournir un effort... et croyez-moi, elle était vraiment la plus talentueuse dans ce domaine ! Mais malgré tout ce que je pense de l'effort versus le talent ... ce n'est pas vrai que l'effort peut lancer des ballons avec une précision de métronome, que l'effort peut contrôler le ballon, comme s'il faisait partie de nous-mêmes ... il y a des choses que l'effort, ne peut pas réussir, tout comme il y a une multitudes de choses que le talent ou le simple potentiel ne peuvent pas faire ! |


