Le VRAI basket, c’est aussi et surtout … ÇA ! (2e partie) |
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La suite de cette histoire à propos du VRAI basket, revêt davantage un caractère personnel … j’écris tout d’abord pour moi, pour les petites filles et parents qui sont directement concernées, afin de leur donner un autre souvenir à conserver, une façon d’être immortelles … et je me sers de mon blogue pour cela !
Cependant, comme toujours … pour mes lecteurs, j’aimerais vous faire réfléchir sur plusieurs réalités de notre basket, peut-être pas en profondeur aujourd’hui … mais il faudra bien un jour s’y pencher.
Je me souviens à peine … des calibres où moi j’évoluais lorsque j’étais au secondaire … en fait il n’y en avait qu’un seul … le AA. Bons ou mauvais, nous devions jouer dans cette ligue, de Latuque, à Shawi … de Grand-Mère à Trois-Rivières …c’était notre ligue ! Il y avait bien le STR qui flottait au niveau AAA … et quelques équipes à TR qui s’étaient formées une section A, mais ces deux calibres étaient des exceptions auxquelles ont ne prêtait pas attention … le VRAI basket cette fois, pour nous … il était AA !
Et ma carrière de coach a littéralement prise son envol dans ce calibre. Cinq championnats provinciaux consécutifs, invaincues dans notre calibre pendant plus de quatre ans ! Plusieurs victoires significatives contre des formations championnes AAA, des tournois, des matchs exhibitions vs des coll.AA , AAA … Bla, Bla, Bla ….. Tout ces succès nous ont menés vers le AAA, dans une région, une ville et une école publique de 780 élèves, qui n’avait peut-être pas tout ce qu’il fallait pour survivre dans ce calibre. Je suis plus que fier des succès que nous avons eu en AAA scolaire, mais je n’avais pas prévu partir aussi vite ... pour LA grand ville un jour, en laissant à d’autres le soin de faire l’impossible. Parfois, … souvent même, ce sont les coachs qui font le programme, qui sont le programme !
Ma vie d’athlète a toujours été basée sur courir plus vite que les autres, que soi-même … et que le chrono. En athlétisme il n’y a pas de lettre, il y a des coureurs, un chrono et un gagnant ! Pas de médaille pour la finale B, ni même pour l’effort. Pour moi le sport n’a jamais eu de lettre, tenter d’être le meilleur c’est tout ! Peut-être pour cette raison, mais aussi pour bien d’autres, que je n’ai jamais bien compris le calibre A, B, BB !? … ou tout autre calibre qui ne peut te permette de briguer un titre que je considérais valable. Même encore aujourd’hui … je ne comprends toujours pas pourquoi, le sport-étudiant accorde et décerne des bannières et médailles à l’intérieur de calibres que l’on veut participatifs !? L’appât du gain, que ce soit pour les jeunes ou même pour les plus grands, rends souvent le jugement difficile, lorsque vient le temps de choisir le calibre dans lequel nous ferons évoluer nos jeunes ! ……..
Pour ma part, que ce soit … AA, AAA …Coll.AAA et maintenant Universitaire. Quand je m’adresse à un athlète de 10 ou 20 ans, je parle de rêves, d’objectifs … je parle de la NCAA, du coll.AAA …du CIS ! Et je ne crois pas que je vais changer … je ne veux pas changer ! Cependant, dernièrement j’ai vécu autre chose …qui m’a rappelé pourquoi, je ne veux pas changer …
En arrivant à Édouard, en 2003, j’ai eu la chance de travailler au CCL, une école axée sur le sport, avec une belle équipe d’entraîneurs et d’intervenants spécialisés en basketball. Quelques chocs de philosophies entre nous bien-sûr, mais une vision du basket d’excellence semblable, j’ai adoré travailler là et je me suis fait plusieurs amis … ensuite, j’ai fais le choix de passer à l’UQAM, et je n’avais plus vraiment de temps pour …le petit basket…
Par un drôle de hasard, cette année, je me suis retrouvé enseignant dans une école secondaire de Longueuil. Un contrat inattendu pour moi, qui voulait davantage me concentrer sur mon retour aux études, mais que voulez-vous …parfois « it’s all about money » ! J’adore enseigner par contre et cette fois le défi était grand, mais ça …c’est une autre histoire !
Naturellement, on m’a demandé d’apporter un petit quelque chose au programme de basket des Sphinx de l’ES. Jacques-Rousseau. Cette école située côte à côte avec le collège Édouard-Montpetit, utilisant les mêmes gymnases que le Cégep ! Je m’étais souvent demandé pourquoi il n’y avait pas un plus grand bassin d’athlètes de basketball en provenance de cette grosse école secondaire, comme c’était le cas pour le Football. Outre le Football des Sphinx, qui évolue dans le AA ou le AAA, les autres formations sportives se divisent dans le A, le AA division 2, … et à l’occasion on pousse une équipe dans le AA Div.1 ! Vous me connaissez, je pensais virer tout cela à l’envers et faire de JR la prochaine Mecque du basket au Québec ! … Bon j’exagère vous le savez bien, mais je croyais vraiment changer la mentalité et placer le basket à l’avant plan de cette école qui compte pas moins de 10 sports interscolaires différents sur un peu plus de 2500 élèves.
Quelle défi pour le responsable des sports qui doit structurer tout cela, à l’intérieur de trois gymnases seulement, car les Sphinx n’utilise qu’un seul coté du Centre Sportif, avec une plage horaire de seulement trois heures par jour !?!? Que ce soit le Volley, le Basket, Flag, Soccer, Badminton, etc… Les formations ne disposent que d’un seul entraînement d’une heure et demi par semaine. Plus 30 minutes supplémentaires, une ou deux fois semaine, en ajoutant les midis ! Plusieurs athlètes pratiquant de 2 à 4 sports différents ! C’était à n’y rien comprendre !?? Bâtir un programme de basket à l’intérieur de cela … Performer à l’intérieur de cela !?? … Un défi pour les coachs, mais également pour les athlètes ! Une mentalité différente ( différente de la mienne du moins ), où la diversité et la « participation-compétitive » est à la base du programme sportive.
Dans une région où les équipes civiles augmentent à vue d’œil, c’est difficile de garder les meilleurs athlètes de basketball intéressés à leur programme scolaire…
Ronald et les Juvéniles
L’entraineur du juvénile féminin des Sphinx, Ronald Desmarais, un oublié du basket québécois … ancien coach et responsable du programme de Basket AAA des Dynamos de St-Paul-de-Varennes, … du temps des jumelles St-Amours, de Sarah Gutkin, des Dave Brownrigg, Phil Langlois, Moffat et Cie … Il a aussi dirigé le programme du CCL en AAA également. Depuis, plus d’un an ce passionné de basket et enseignant de profession, tente de faire lever le volet féminin des Sphinx en basket féminin, et c’est un peu, beaucoup à cause de lui que je me suis retrouvé là.
Par soucis d’offrir plus à ses athlètes, il m’a demandé de faire de l’individuel avec ses meilleures athlètes. Il en a même poussé quelques unes à faire mon programme estival, imaginez … des filles qui proviennent du benjamin A, qui font le saut en Juv.AA …et là qui se retrouvent à côtoyer des athlètes élites, et même des athlètes coll.AAA et universitaire !!!
De mon côté, enseignant à temps plein, en travers deux, trois cours universitaires, et mon travail pratiquement quotidien, comme adjoint avec les Citadins de l’UQAM, j’ai trouvé quelques matins occasionnels de 6h45 à 7h30 am pour essayer d’en donner plus aux athlètes plus motivés.
Cela a commencé par quelques athlètes juvéniles garçons et juvéniles filles, les plus courageux sont demeurés présents à toutes les semaines, malgré les quelques absences du coach lui-même, qui était parfois trop brûlé pour se lever le matin. Faut dire que ma motivation, n’était pas la plus grande … isolé au sommet de la pyramide. Je devais me fouetter pour être présent, et me souvenir que ces athlètes avaient remit une petite partie de leurs objectifs entre mes mains. Un ou deux matins par semaine, une bien mince contribution … mais bon, c’était toujours mieux que rien. Carmen et Wui, deux juvéniles de sec.4, ne m’ont jamais lâché … et grâce à eux, j’ai attiré deux ou trois autres benjamines à suivent leur exemple. Les petites Laurie et Juliette, ont eu le courage de côtoyer les grands gars, les grandes filles … assidûment un petit matin par semaine, …ces deux petites m’ont donné envie d’en faire plus … pour elles, … mais aussi pour moi !
Je donnais déjà un léger coup de main à Ronald, disons plutôt, que j’allais m’amuser à coacher avec un ami. Des présences occasionnelles lors des matchs où le coach et les joueuses me laissaient une petite place dans leur équipe … sans aucune pression, avec le beau rôle … j’ajoutais mon grain de sel, en essayant de les aider un peu. Un grand merci pour cela … Catherine Superstar, Kimette la gamer avec une personnalité craquante, Anne-So la surprenante petite baller, l’efficace Karine, Wendy, la talentueuse Félix, Justine et Iness qui prendront plus de place l’an prochain, mais surtout merci à ma solide et déterminée Carmen qui devient lentement mais surement la joueuse qu’elle voudrait être, et notre courageuse Wi, qui est maintenant une vrai Sphinx ! Une saison difficile de 3-9 l’an dernier, pour cette équipe qui a tentée l’expérience du AA fort, une première depuis des lunes pour le programme de basket féminin de cette école. Mais une victoire selon moi, en regard avec ce seul fait ; pour la première fois en plus de 10 ans, une finissante de Jacques-Rousseau a été sélectionnée dans la formation coll.AA des Lynx !
Cette année, … au grand dam de leur entraîneur … les filles ont demandées d’évoluer dans le AA division 2 !?! Malgré les arguments de leur entraîneur provenant d’un autre milieu ( AAA ). Mais comment pourrait-il en être autrement ? Cette équipe pratiquait une heure et demie par semaine seulement, en ajoutant deux midis de 30 mins où les absences sont inévitables ! Résultat, une saison parfaite, tournois inclus … Championnes de la saison, LA première bannière « AA » du programme de basketball féminin des Sphinx…19-0 avant de s’incliner en finale 19-1 ! Mais la vrai victoire encore ; trois des quatre finissantes recrutées en coll.AA ! On est loin de l’excellence, du collégial AAA, de la NCAA ou du CIS, …Mais le vrai basket, c’est aussi … ça !!!
Les Benjamines … C’est donc là que votre histoire commence …
Les juvéniles avaient Ronald, ce père de 50 ans, passionné de basket qui ne compte pas les heures et le programme de gars lui avait des intervenants compétents et fortement appuyé au niveau du calibre, par la présence de plusieurs athlètes évoluant également sur le volet civil AAA, ils arrivaient donc à se débrouiller avec une ou deux pratiques semaine et des midi ici et là … mais les petites benjamines, arrivées en dernier dans l’échelle des priorités, s’étaient tout de même inscrites en AA, après une saison dans le A. Elles n’avaient qu’une seule petite pratique par semaine la saison dernière et encore une seule cette année également. Le vendredi où elles avaient au moins la chance d’être encadrées, par une coach sans expérience peut-être, mais qui avait le mérite d’avoir connu l’élite, le AAA, et même le Collégial AAA, avant qu’une blessure ne vienne ternir sa progression vers de plus grands rêves encore.
Margaux Suitner, une de mes prometteuses recrues avec les LYNX AAA de 2009, a débuté le coaching l’an dernier, forcée à l’inactivité totale suite à une blessure ( ACL ) qui a mit fin à sa saison, et à plusieurs de ses rêves … Étudiante à temps plein, et encore en réadaptation suite à des complications face à l’opération de son genoux … en plus de tenter un retour un jeu en collégial AA … Cette courageuse jeune femme, donne quand même son temps, à ce groupe de jeunes filles, pour une maigre poignée de dollars. Tout ça pour l’amour de ce jeu. C’est pourquoi, j’ai décidé d’ajouter un petit midi … juste pour elle que j’admire, et pour elles … les benjamines ! 30 mins/ sem … où les filles acceptaient les conseils, les critiques, les réprimandes de ce « prof » un peu fou, qui arrivait comme ça dans leurs vies. Pas d’objectifs d’excellence, à peine un objectif de victoire … un simple jeu c’est tout !
C’était si beau à voir que je ne pouvais toucher à cela, pas tout de suite … et pas sans pouvoir véritablement les aider à atteindre les rêves que j’ai l’habitude de vendre !
Une saison en dent de scie … une fiche de .500 environ, je ne voulais même pas aller les voir jouer, de peur de vouloir en faire trop …
Pourtant, chaque entraînement dévoilait un désir de plus, de mieux … non pas chez moi ! Mais chez elles !!! C’est la nature même du sport, ou plutôt de l’athlète lui-même … « Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort ». Coubertin n’a pas inventé cette phrase, il a tout simplement laissé parler son cœur d’athlète … Voilà une maxime olympique, qui vient en contradiction, avec celle qui dit « l’important n’est pas de gagner, mais de participer » !? …
Mon premier match avec elles, comme assistant ...bien-sûr, est arrivé tard en fin de saison,et il s’est soldé par une défaite d’un seul point d’écart … contre une belle petite équipe, de grandes filles, trichant la défensive de Zone sans le savoir, comme le veut la norme au Québec.
Et je me permets cette parenthèse, … comment pouvons nous espérer voir réellement une défensive, homme à homme obligatoire dans ces calibres là … sec.1, sec.2 … ou même mini basket … en permettant aux équipes d’avoir des concepts de défensives collectives « press » sur le tout terrain ??? …
Il est difficile au niveau universitaire de demander aux filles de jouer une pression collective sur le tout terrain et ensuite de reprendre leur joueuses en men to men … mais on voudrait le faire en mini et benjamin !??? C’est utopique et complètement absurde de le penser selon moi. De plus, on demande aux officiels de voir, d’analyser et d’appeler comme une faute cet aspect du jeu … en l’espace de 24 secondes !?! En se rappelant, que nous plaçons nos plus jeunes et nos moins expérimentés officiels dans ces calibres …. Enfin, bref … aucune offense, envers les jeunes ou moins jeunes coachs de ces niveaux qui utilisent ces techniques qui sont de toute façon normalisées. Je donnais juste une opinion bien personnelle sur le sujet ! … Nous pourrions certainement en reparler…mais ne me demandez pas pourquoi, nous avons de la difficulté à vendre l’effort et l’importance du jeu de pieds individuel en défensive …
Hahaha, à la suite de ces lignes, vous pouvez comprendre ma légère frustration, face à la déception de « nos » petites filles à la suite de cette défaite crève cœur qui risquait fortement d’exclure l’équipe des séries régionales.
Une petite frustration, qui s’est transformé en détermination. Les Benjamines ont remportés leurs deux derniers matchs de saison contre les formations qui risquaient de les devancer au classement … et avec l’accord de Margaux et des filles, nous avons ajouté un petit midi ou deux, afin de se préparer aux séries de fin de saison … peu importe que ce soit pour un seul match ou non.
Encore une fois les filles ont embarquées … elles ont laissées parler les athlètes en elles, qui avec un peu d’aide, savent très bien que pour avoir plus … il faut en faire plus. C’est un calcul inévitable !
En vacances depuis deux semaines déjà, après l’élimination rapide des Citadins. J’ai donc participés à chacun des matchs des Sphinx lors des finales. C’est avec admiration que j’ai vu chacune de ces 12 petites filles, sans égard pour leur temps de jeu, qui ont jouées chaque minute, chaque seconde et chaque balle ! Laissant parfois de côté, la technique, la finesse et la beauté du jeu, pour simplement donner plus d’effort … et quand la solution n’arrivait pas, il restait toujours celle de donner encore un peu plus d’effort !
La suite, inutile de vous la raconter …comme dans une belle histoire américaine … les filles ont remportées leur quart de finale et leur demi-finale contre les deux formations invaincues de leur catégorie, avant de vaincre en prolongation …dans un match de fou … eh oui, cette même petite équipe, qui avait provoqué une détermination supplémentaire de la part les filles, mais je dois l’avouer, de ma part aussi. Quel beau parcours … quelle belle victoire ! La fierté de leur jeune entraîneure, Margaux, était contagieuse et émotive. Un autre beau souvenir … pour le vieux coach que je suis en train de devenir…
Cette fois, nous sommes du coté des vainqueurs … mais là n’est pas le point, cette petite équipe …ces petites filles benjamines AA de division 2 … m’ont une fois de plus démontré que mes valeurs ne changeront pas, peu importe le calibre ou les athlètes que j’aurais. L’effort et le don de soi, seront toujours au cœur de mon coaching … pas seulement comme motivation, mais comme stratégie … comme solution … et comme apprentissage !!!
Bien-sûr, l’effort ne pourra pas toujours surpasser le talent ou l’athlétisme … l’effort ne pourra pas toujours remplacer une bonne stratégie ou une bonne technique. Mais c’est ce que j’aime voir en premier … c’est ce qui donne le droit à tous le monde de rêver, qu’il soit petit, grand ou fort ! L’effort aussi pénible soit t’il, aussi douloureux qu’il puisse être, est à la portée de tous !
L’effort du moment, ne pourra certainement pas remplacer l’effort d’un mois, d’une année ou d’une vie … mais parfois c’est le cas, et c’est ce qui rend la victoire plus belle et plus magique… mon sport c’est tout simplement ça … et ce sont des petites filles de 12 ans qui m’ont rappelé que,
Le VRAI BASKET c’est aussi …et surtout ÇA !
Merci du fond de mon cœur à ;
Margaux Valérie Marilou Bianca Maude Laurie Juliette Cara Judith Sandrine Amélie Laurence Mélodie
CHAMPIONNES RÉGIONALES AA 2010 |


