Le long et pénible chemin du retour au jeu après une blessure |
| Basketball Québécois |
Cet article, mettra en valeur une athlète que je connais personnellement, mais c'est un article d'abord et avant tout, dédié à tous ces courageuses et courageux athlètes, qui ont dû ou qui devront, un jour affronter le long et pénible chemin du retour au jeu suite à une blessure.
Il y a pratiquement un an, jour pour jour, que l'une de nos plus prometteuse athlète féminine en basketball, était terrassée par une grave blessure bien connue du monde du basketball, les fameux et inquiétants ACL. C'est-à-dire, la rupture partielle ou complète des ligaments croisés antérieurs. En effet, Catherine-Ann Lalumière une ancienne des Lynx d'Édouard-Montpetit qui évolue maintenant pour les Citadins de l'UQAM, s'est blessée en tout début de saison l'an dernier, lors d'un simple match exhibition préparatoire. Elle a par la suite subit l'opération de son genoux en avril dernier, soit six mois après sa blessure. Ensuite, débuta la traversée du désert pour un athlète de haut niveau passionné par son sport, on appelle ce désert la réhabilitation. Résident de la Rive-Sud, et entretenant des liens privilégiés avec son entraineur Danny Vincent, j'ai pu au fils des années, suive la progression vertigineuse de cette superbe athlète du collège St-Paul-de-Varennes. Membre de l'équipe du Québec 16 ans en 2005, elle fut recrutée par les Lynx du collège Édouard-Montpetit en 2006. Les Lynx figuraient en cette période, parmi l'élite national, du temps des Marie-Ève Lemoyne, Sarah Gutkin, Marie-Catherine Deschesnes et Stéphanie Youakim. Les Lynx qui comptaient déjà sur le meilleur garde au pays en Élise Caron, et sur son talentueux dauphin Michèle Auger-Bellemarre. C'est pourquoi d'ailleurs, plusieurs observateurs de l'époque, ne comprenaient pas l'empressement et l'enthousiasme du programme de l'heure dans la conférence du Québec, d'offrir un poste aussi tôt en période de recrutement, à cette athlète, qui aux yeux de plusieurs, n'était qu'une fille avec de belles qualités athlétiques, mais au talent et au potentiel très limité. Danny Pico Vincent, alors co-entraineur avec les Lynx, n'avait pas cessé de vanter le potentiel de sa nouvelle protégée et dès la signature de ‘'Spot'', affectueusement renommée ainsi depuis des années a cause de son nom de famille, a commencé à travailler très fort pour faire taire ces dénigreurs.
Rapidement, en 2008, elle figurait dans l'élite national et même nord-américaine, puisqu'elle fut classée au 78e rang de la liste de recrutement NCAA aux États-Unis. Invitée à deux reprises au Nike Game en Ontario regroupant les meilleurs espoirs Canadiens et membre de la seconde équipe étoiles dans la conférence québécoise du CCAA en 2009, elle se fit recrutée par plusieurs universités canadiennes et américaines qui lui offraient une bourse d'étude complète pour la durée de son passage universitaire. Catherine-Ann, que l'on peut voir en vedette dans un des DVD Jet7basket, graduait en sciences humaines, a toutefois décidé de réorienter son cheminement académique et de poursuivre ses études dans le domaine des arts plastiques. C'est pourquoi, elle entamait la saison dernière sa quatrième saison au niveau collégial AAA. Un cadeau inattendu pour le nouvel entraîneur des Lynx, Hugues Chassé, qui avait la tâche de chausser les grands souliers de ses prédécesseurs, mais la joie a rapidement fait place à la déception, lorsque le 25 octobre la saison de la vedette blonde des Lynx a prit fin, en même temps que plusieurs de ses espoirs d'un jour percer sur l'équipe nationale ou l'équipe représentant le Québec aux jeux de la Francophonie. Après deux mois à broyer du noir, et a voir la vie d'une autre façon, Catherine-Ann a recommencé lentement a s'entrainer en prévision de l'opération prévue au mois de décembre. Le système de santé publique étant ce qu'il est au Québec, l'opération a été repoussé deux fois, pour finalement avoir lieu au mois d'avril 2010. Une fois la douleur de l'opération passée, l'acceptation des cicatrices permanentes et le regret d'une saison complète bousillée par cette malchance, débuta le long travail de réhabilitation. Tous les jours dans le gymnase, a constater bien peu de progrès mais à comprendre rapidement qu'il s'agit d'un retour en arrière énorme, avant même de commencer à penser de revenir au niveau atteint précédemment. Une seule petite année, qui semble une décennie pour un athlète de haut niveau. Plus que jamais, l'athlète à besoin d'un support moral de ses amis, de sa famille, des entraineurs et des spécialistes de la santé qui suivent son dossier. Bien des jours, des semaines et parfois des mois à penser que notre carrière sportive est terminée, plusieurs mois à se demander si tous ces efforts en valent vraiment la peine, car finalement, ces longs mois, nous ont fait comprendre que l'on peut vivre sans cette adrénaline, que l'on peut vivre et être heureux loin de notre sport, loin de ce mode de vie, qui nous a donné une identité personnelle depuis des années et qui maintenant, nous exige autant, et ce, seulement pour revenir à la case départ ! Et croyez-moi, il est long et pénible le chemin du retour au jeu, tous ces jours de doutes, pour en vivre un dernier, celui du retour, du premier match! Et c'est exactement, ce qu'a vécu Catherine-Anne Lalumière le 18 septembre dernier, où elle a enfilé l'uniforme bleu et blanc de sa nouvelle équipe, les Citadins de l'UQAM. L'université montréalaise, qui lui a offert une bourse d'étude complète, sans tenir compte de sa blessure. Deux semaines seulement après avoir obtenu son feu vert des médecins, elle s'est distingué dans la victoire des siens contre une formation collégiale, "encore loin de ses meilleures performances, mais tellement plus proche, qu'il y a une éternité", mentionnait Danny Vincent. Une légende urbaine, ou une croyance populaire veut qu'un athlète amateur qui a subit ce genre d'intervention chirurgicale, ne peut jamais revenir à 100% de ses capacités. Si c'était vrai, qu'en est-il de la carrière de France Lanoie des Gaiters de Bishop? Elle était la meilleure joueuse défensive au pays avant sa blessure et elle remporta le même titre dès son retour au jeu la saison suivante. Que dire de la grande Myriam Lamarre du Rouge et Or qui était tout aussi dangereuse après son opération qu'avant celle-ci, même chose pour Amélie Hudon des Citadins de l'UQAM, qui est devenu une athlète de premier plan au niveau universitaire, en poursuivant sa progression, après une double-opération au genou. Et présentement, est-ce que quelqu'un ce souvien qu'Anneth Him Lazarenzo joueuse vedette de McGill a presque quitté le monde du basket en 2009. Elle domine outrageusement les parquets universitaires depuis son opération ! Il est long le chemin du retour, mais il n'est pas impossible, pour ceux et celles qui ont le courage de le traverser ! Ce texte a été écrit en collaboration avec Danny Vincent, lui-même un ancien athlète ayant subit une opération ligamentaire qui a mit fin sa carrière internationale en athlétisme. |
Vendredi, 18 Mai 2012 22:43
Mardi, 15 Mai 2012 13:40
Vendredi, 11 Mai 2012 08:55
Mardi, 08 Mai 2012 15:27
Lundi, 07 Mai 2012 11:17
Jeudi, 03 Mai 2012 11:15
Jeudi, 03 Mai 2012 07:28
Mercredi, 02 Mai 2012 10:47
Mardi, 01 Mai 2012 16:27
Lundi, 30 Avril 2012 15:47


